Phénix 1,2 : Dorian et Solyane, L'amour interdit
par Bernard Simonay
couvertures de Luis Royo
Editions du Rocher

Deux jumeaux grandissent en une cité isolée au milieu des "Terres Bleues", Syrdahar. Peu à peu, leur esprit curieux cherche à comprendre. Qu'étaient les dieux anciens ? Se pourrait-il qu'autre chose existe au-delà de leur territoire et du désert infranchissable ? Quels mystères cachent les amanes, prêtres et gardiens de la Connaissance, interdite aux hommes ordinaires car réputée cause de la perte des hommes d'avant le Cataclysme ?

En guise de réponse, l'Enfer s'abat sur Syrdahar et seule la fuite peut les sauver. L'exode commence en ce monde médiéval et les enfants, bientôt livrés à eux-mêmes, comprennent peu à peu que leur naissance est la cause de conflits redoutables entre des puissances encore inconnues...

Le bibliothécaire sera bien ennuyé pour attribuer à ce roman un genre précis. Tantôt médiéval-fantastique, par un monde indompté où les monstres mutants guettent le voyageur et où certains objets, issus d'une technologie oubliée, apparaissent magiques, tantôt SF par les révélations que je vous laisse y découvrir, il bascule peu à peu d'un genre à l'autre. Quoi qu'il en soit, les amateurs de belles aventures et de batailles grandioses ne seront pas déçus, même si quelquefois leur dénouement n'étonne pas : un personnage sert parfois mieux l'histoire en perdant la vie. Cependant, autant une histoire comme celle de la Belgariade de David Eddings, quoique pleine d'aventures, peut paraître plate par le superficiel et la niaiserie de ses personnages, autant ici, le récit s'enrichit de leur profondeur et de leur réflexion. Notamment, Dorian est amené au cours de sa vie (et nous aussi, à ses cotés) à réfléchir au besoin et à la nécessité des religions pour les peuples. De même, cet amour impossible entre les jumeaux apparaît si souvent que le lecteur se surprend à ressentir cette lourde chaîne qui pèse constamment sur leurs âmes.

Bernard Simonay a créé ici un monde complet se suffisant à lui-même mais sa description très "pédagogique" parfois, aurait gagné à être plus "vécue" qu'expliquée. Aussi, l'abondance de néologismes et de termes spécifiques à ce monde, même si elle dépayse agréablement, lasse parfois, certains termes n'apparaissant qu'une fois dans le roman ! Mais l'écriture colorée et la chance de goûter ce récit dans sa langue d'origine emportent rapidement notre imagination sur ces routes d'aventures au côtés des phénix...

Sébastien "855"